Photographies japonaises de la Bibliothèque nationale de France
Du 30 septembre 2026 au 31 janvier 2027
Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, Galerie 2, Quai François Mauriac, 75706 Paris
La BnF dévoile quatre-vingts ans de photographie japonaise, du réalisme d’après-guerre aux sensations les plus impalpables
Jusqu’au 31 janvier 2027, la Bibliothèque nationale de France présente Photographies japonaises de la Bibliothèque nationale de France, Scènes, signes, sensations, une grande exposition consacrée à l’évolution de la photographie au Japon depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Répartie sur la Galerie 2 du site François-Mitterrand, elle réunit environ 300 œuvres, dont 250 tirages photographiques majoritairement en noir et blanc, ainsi qu’une cinquantaine d’ouvrages rares issus des collections de l’institution.
Organisée dans le cadre des célébrations du bicentenaire de la naissance de la photographie, l’exposition propose une traversée ambitieuse de la création japonaise contemporaine. Elle réunit une centaine d’artistes, des figures internationalement reconnues comme des photographes dont le travail mérite une découverte plus large. Le parcours montre combien la photographie japonaise, loin de se réduire à quelques noms célèbres, constitue un territoire d’une richesse exceptionnelle, traversé par le reportage, l’intime, le théâtre, la calligraphie et la contemplation de la nature.
Une exposition consacrée à la photographie japonaise depuis 1945
L’exposition retrace près de quatre-vingts années de pratique photographique au Japon, de l’immédiat après-guerre jusqu’aux créations les plus récentes. Elle s’appuie sur le fonds japonais du département des Estampes et de la photographie de la BnF, qui rassemble près de 4 000 tirages réalisés par environ 200 artistes et reporters. Cet ensemble est complété par une centaine de revues et d’ouvrages majeurs qui permettent de comprendre le rôle essentiel joué par l’édition dans la diffusion de la photographie japonaise.
Le propos ne se limite pas à une présentation chronologique. L’exposition privilégie une lecture thématique et esthétique, fondée sur six grands chapitres : Face au réel, Étrange quotidien, Corps mis en scène, Bonjour Paris !, Calligraphies du monde et Sensible et impalpable. Cette organisation permet de saisir la diversité des approches tout en faisant apparaître des continuités profondes, notamment l’attention portée aux atmosphères, aux signes et à la matérialité de l’image.
La photographie japonaise y apparaît comme une pratique en mouvement permanent, nourrie par les fractures historiques, les héritages traditionnels, les échanges internationaux et les recherches formelles les plus audacieuses. Le visiteur découvre des images ancrées dans le réel, mais aussi des œuvres où la frontière entre document, mise en scène, abstraction et poésie devient volontairement poreuse.
Une collection exceptionnelle constituée depuis les années 1960
La BnF occupe une place singulière dans l’histoire de la réception de la photographie japonaise en Europe. Dès la fin des années 1960, l’institution s’impose comme l’une des premières institutions occidentales à s’intéresser à la photographie japonaise moderne et contemporaine. Elle dispose déjà d’un remarquable ensemble d’estampes japonaises des XVIIe et XIXe siècles, auquel s’ajoute progressivement une collection photographique d’envergure internationale.
Ce fonds s’est constitué avec la participation de photographes japonais installés en France dans la seconde moitié du XXe siècle. Ces artistes ont joué un rôle d’ambassadeurs, faisant connaître en Europe l’effervescence créative de leur archipel. La collection de la BnF figure aujourd’hui parmi les plus importantes collections de photographie japonaise conservées dans le monde occidental.
L’exposition rend ainsi visible un patrimoine souvent méconnu du grand public. Elle montre que la photographie japonaise ne s’est pas développée dans l’isolement, mais dans un dialogue constant avec les circulations internationales, les publications, les expositions et les rencontres entre artistes, éditeurs et collectionneurs.
Des photographes majeurs de la scène japonaise
L’exposition ne repose pas sur l’œuvre d’un seul auteur. Elle réunit une centaine de photographes, ce qui en fait une présentation collective et panoramique de la création japonaise. Parmi les artistes présentés figurent Hiroshi Hamaya, Hiromi Tsuchida, Yoko Yamamoto, Shigeo Gocho, Tokuko Ushioda, Shoji Ueda, Eikō Hosoe, Yuki Onodera, Mami Kiyoshi, Shōmei Tōmatsu, Yasuhiro Ishimoto, Takehiko Nakafuji, Sayuri Ichida, Hiroto Fujimoto, Kazuo Amemiya, Koichiro Kurita et Sayuki Inoue.
Hiroshi Hamaya occupe une place importante dans la partie consacrée au reportage. Ses images documentent les mondes ruraux, les fêtes populaires et les rituels d’un Japon profondément transformé par la modernité. Hiromi Tsuchida et Yoko Yamamoto prolongent cette attention portée au réel, en interrogeant les traces du traumatisme nucléaire, la persistance des coutumes ancestrales et les mutations de la société japonaise.
Dans le registre plus intime, les photographes associés au courant de la Konpora Shashin, notamment Shigeo Gocho et Tokuko Ushioda, proposent des instantanés de la vie ordinaire. Leur regard transforme les scènes les plus banales en expériences étranges, où le cadrage, la lumière et la rencontre fortuite créent une tension poétique. Cette approche rappelle que le quotidien peut devenir un terrain d’exploration photographique majeur.
Shoji Ueda, Eikō Hosoe et leurs héritiers incarnent une autre dimension de la photographie japonaise, plus théâtrale et scénographique. Leurs images mettent en jeu le corps, le décor, le geste et la fiction.
Un regard japonais porté sur Paris
L’un des chapitres les plus attachants de l’exposition s’intitule Bonjour Paris !. Il réunit des œuvres réalisées par des photographes japonais venus travailler, exposer ou vivre dans la capitale française. Ihei Kimura, Yoshi Takata, Keiichi Tahara, Mamoru Sakamoto et Jun Shiraoka y figurent parmi les artistes présentés.
Ces images ne se contentent pas de représenter Paris. Elles traduisent un regard étranger, fait de curiosité, de fascination, de recherches d’archétypes et de tentatives pour échapper aux clichés. Entre reconnaissance et étrangeté, ces photographies mettent en lumière les allers-retours féconds entre les cultures japonaise et française.
Pour le public parisien, cette section est une invitation à voir la ville autrement, à travers le regard de photographes qui en saisissent les lumières, les rues et les visages avec une sensibilité propre à leur culture d’origine.
La photographie comme écriture du monde
Les deux derniers chapitres de l’exposition, Calligraphies du monde et Sensible et impalpable, explorent une dimension plus formelle et contemplative de la photographie japonaise. La figure humaine y laisse place aux paysages, aux textures, aux éléments naturels et aux jeux de contrastes.
L’influence de la calligraphie orientale se manifeste dans la recherche d’épure, de gestualité et de rythme. Shōmei Tōmatsu, Yasuhiro Ishimoto, Takehiko Nakafuji et Sayuri Ichida illustrent cette quête d’une image réduite à l’essentiel, où la composition devient aussi importante que le sujet représenté.
La dernière section invite à une expérience plus sensorielle. Les paysages ténébreux de Hiroto Fujimoto et Kazuo Amemiya, ainsi que les portraits d’éléments naturels réalisés par Koichiro Kurita et Sayuki Inoue, évoquent le vent, l’eau, l’ombre et la lumière. Cette approche de la nature, souvent imprégnée de bouddhisme zen, accorde une importance particulière à la matérialité du tirage, aux nuances et à la profondeur des noirs.
Un parcours conçu par les conservatrices de la BnF
L’exposition est commissariée par Héloïse Conésa et Dominique Versavel, conservatrices en chef au département des Estampes et de la photographie de la BnF. Yoshiaki Kai, professeur en histoire de la photographie à l’université de Niigata, assure le conseil scientifique du projet.
Cette équipe réunit une connaissance approfondie des collections de la BnF et une expertise reconnue de l’histoire de la photographie japonaise. Leur approche permet de donner cohérence à un ensemble très vaste, sans sacrifier la diversité des œuvres présentées. Le parcours évite les raccourcis et propose au visiteur une lecture nuancée d’une création photographique traversée par des tensions entre document et fiction, tradition et modernité, silence et intensité.
L’exposition bénéficie du label Bicentenaire de la photographie décerné par le ministère de la Culture. Elle s’inscrit ainsi dans la programmation nationale du Bicentenaire, qui se déploie du 1er septembre 2026 au 30 septembre 2027. Ce label souligne la valeur patrimoniale et historique du projet, ainsi que son apport à la connaissance de la photographie mondiale.
Informations pratiques :
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Artiste : Une centaine de photographes japonais
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Exposition : Photographies japonaises de la Bibliothèque nationale de France, Scènes, signes, sensations
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Lieu : Bibliothèque nationale de France, site François-Mitterrand, Galerie 2, Quai François Mauriac, 75706 Paris
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Dates : Du 30 septembre 2026 au 31 janvier 2027
Photo de couverture : « Paysage de dunes avec ma femme ». Série Dunes de sable – 1950 – © Shoji Ueda






