Exposition photo FRANCHIR Pont Saint-Ange, Paris @ Olivier Jobard / The PhotoBridge Project

FRANCHIR

Du 24 juillet au 23 octobre 2026
Pont Saint-Ange, Boulevard de la Chapelle, 75018 Paris

Une exposition photographique à ciel ouvert qui raconte les trajectoires de femmes, de jeunes et de communautés confrontés à l’exil, aux violences, aux inégalités et aux bouleversements climatiques.

Exposition photo FRANCHIR Pont Saint-Ange, Paris @ Guillaume Binet / MYOP
Exposition photo FRANCHIR Pont Saint-Ange, Paris @ Guillaume Binet / MYOP

Un pont comme métaphore du passage

Du 24 juillet au 23 octobre 2026, le pont Saint-Ange, dans le 18e arrondissement de Paris, accueille FRANCHIR, une exposition photographique en plein air proposée par The PhotoBridge Project et l’agence MYOP. Gratuite et accessible à tous, cette exposition investit un lieu de passage pour présenter des histoires de personnes et de communautés qui, chacune à leur manière, cherchent à avancer malgré des situations difficiles.

Le choix du pont n’est évidemment pas anodin. Un pont relie deux rives, permet de passer d’un espace à un autre et symbolise une transition. Le titre FRANCHIR renvoie ainsi à une expérience à la fois très concrète et profondément humaine : franchir une frontière, une épreuve, une rupture, une peur ou une période de grande fragilité.

À travers six récits photographiques, l’exposition propose de regarder autrement des réalités souvent complexes : l’exil, les inégalités sociales, les violences, les conséquences des crises environnementales ou encore la situation de populations vulnérables. Mais l’objectif n’est pas de réduire les personnes photographiées à leurs difficultés. Au contraire, les images cherchent à montrer leur capacité à agir, à résister, à reconstruire et à imaginer un avenir.

La photographie documentaire au service de récits humains

FRANCHIR s’inscrit dans une conception de la photographie documentaire attentive à la personne photographiée et à son environnement. Ici, l’image ne cherche pas simplement à produire une photographie spectaculaire d’une situation de crise. Elle prend le temps de donner un contexte et de rendre visibles les initiatives qui permettent aux individus et aux communautés de reprendre prise sur leur existence.

Cette approche constitue l’une des particularités du projet porté par The PhotoBridge Project. Les photographes travaillent en relation avec des organisations locales et avec les communautés concernées. Les images sont ainsi pensées comme des outils permettant de raconter des histoires, mais également de mieux comprendre les réalités auxquelles ces populations sont confrontées. Le projet accorde notamment une importance particulière à la dignité des personnes photographiées et à leur capacité à participer à la manière dont leur histoire est racontée.

Pour le visiteur, cette démarche invite à dépasser une lecture immédiate de la photographie. Une image documentaire peut émouvoir, mais elle peut également informer, questionner et créer une relation avec une réalité géographiquement ou culturellement éloignée. Dans FRANCHIR, la photographie devient ainsi un espace de rencontre entre des histoires particulières et notre propre regard.

Six récits, trois mouvements : résister, reconstruire, accompagner

L’exposition s’organise autour de trois mouvements qui permettent de comprendre son fil conducteur : résister, reconstruire et accompagner. Ces trois notions ne décrivent pas seulement des situations individuelles. Elles dessinent une dynamique commune : celle de personnes qui cherchent des solutions, s’entraident et construisent de nouvelles perspectives dans des contextes parfois extrêmement fragiles.

Les six récits photographiques abordent notamment les questions de migration et d’exil, de violences systémiques, de protection des populations vulnérables, de crise climatique et de jeunesse marginalisée. Les projets sont liés à des initiatives locales qui agissent directement auprès des personnes concernées. Cette dimension est essentielle : plutôt que de présenter uniquement les problèmes, FRANCHIR s’intéresse également à celles et ceux qui travaillent quotidiennement à les surmonter.

Le visiteur est donc invité à considérer chaque série photographique comme un récit à part entière. Les photographies donnent des visages, des gestes, des lieux et des situations à des réalités qui pourraient autrement rester abstraites. Elles permettent de comprendre que derrière les grands enjeux contemporains se trouvent toujours des individus, des familles et des communautés.

Quatre photographes engagés dans le réel

Agnès Dherbeys, photojournaliste récompensée notamment par la médaille d’or Robert Capa et le World Press Photo, développe un travail autour des questions d’identité. Elle a notamment réalisé un récit aux États-Unis pour The PhotoBridge Project, consacré à des familles confrontées aux enjeux de l’asile et de l’accompagnement des migrants.

Chloé Sharrock s’intéresse pour sa part aux droits des femmes et aux crises contemporaines. Lauréate du CNAP et de la Grande Commande nationale, elle a notamment travaillé en Inde sur la situation de veuves de familles d’agriculteurs confrontées à la dette, à la maladie et aux injustices structurelles.

Olivier Jobard est reconnu pour son travail au long cours sur les migrations et l’exil. Son parcours, distingué notamment par un Visa d’Or, un World Press Photo et un Emmy Award, l’a conduit à travailler dans différents contextes de crise. Pour The PhotoBridge Project, ses photographies abordent notamment les conséquences des bouleversements climatiques en Haïti et les réalités liées au déplacement et aux conflits en Syrie.

Guillaume Binet, cofondateur de MYOP et de The PhotoBridge Project, développe également une pratique documentaire tournée vers les conflits et les enjeux humanitaires. Ses reportages l’ont notamment conduit au Sri Lanka et au Kenya, où il s’est intéressé aux parcours de jeunes et aux initiatives permettant de leur offrir de nouvelles perspectives.

Une exposition photographique qui invite à regarder autrement

L’intérêt de FRANCHIR tient aussi à son dispositif. Présenter des photographies sur un pont, dans l’espace public, transforme la rencontre avec les images. Il n’est pas nécessaire de franchir les portes d’un musée ou d’une galerie pour découvrir ces récits : l’exposition s’intègre directement dans le quotidien des passants.

Cette présence dans l’espace public renforce la portée du projet. Les photographies peuvent être découvertes par un public qui ne fréquente pas nécessairement les lieux traditionnels de l’art contemporain ou de la photographie. Le pont devient alors un véritable espace de dialogue, où l’image documentaire rencontre des regards différents et parfois inattendus.

Pour toi qui t’intéresses à la photographie, FRANCHIR constitue également une occasion intéressante de réfléchir au rôle du photographe documentaire. Comment photographier une situation difficile sans enfermer les personnes dans leur vulnérabilité ? Comment donner du contexte à une image ? Comment raconter une histoire tout en respectant celles et ceux qui la vivent ? Et comment une photographie peut-elle contribuer à créer davantage de compréhension entre des réalités qui semblent éloignées ?

Autant de questions qui font de cette exposition bien davantage qu’une simple succession d’images. FRANCHIR propose une réflexion sur le pouvoir du récit photographique et sur la capacité de l’image à créer du lien. Comme le pont sur lequel elle est installée, l’exposition cherche à établir une relation entre deux rives : entre ici et ailleurs, entre celui qui regarde et celui qui est regardé, entre une situation présente et la possibilité d’un avenir différent.

À découvrir gratuitement jusqu’au 23 octobre 2026, FRANCHIR est donc une exposition photographique particulièrement pertinente pour tous ceux qui souhaitent explorer les liens entre photographie documentaire, engagement, société et récit humain.

Informations pratiques :

  • Artistes : Agnès Dherbeys, Chloé Sharrock, Olivier Jobard, Guillaume Binet
  • Exposition : FRANCHIR
  • Lieu : Pont Saint-Ange, Boulevard de la Chapelle, 75018 Paris
  • Dates : Du 24 juillet au 23 octobre 2026

Photo de couverture : Olivier Jobard / The PhotoBridge Project

Exposition photo FRANCHIR Pont Saint-Ange, Paris © Agnès Dherbeys
Exposition photo FRANCHIR Pont Saint-Ange, Paris © Agnès Dherbeys

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