Thomas Boivin photographe

Thomas Boivin, Ici – Belleville, Ménilmontant

Du 17 février 6 avril 2024
Les Douches la Galerie, 5 Rue Legouvé, 75010 Paris

Depuis 2010, Thomas Boivin poursuit son travail photographique sur le nord-est de Paris, se baladant autour de chez lui, flânant dans les rues, privilégiant toujours la belle lumière.

Ses portraits de passants ou d’habitants rencontrés dans des quartiers multiculturels, et avec lesquels il instaure très souvent un dialogue, ses paysages urbains qui font surgir des recoins délaissés, ainsi que ses propres tirages en noir et blanc, aux nuances de gris subtilement équilibrées, sont devenus sa signature. Celle d’un photographe qui ne renie pas le Paris de Brassai, de Marcel Bovis ou de Robert Doisneau, mais qui ne verse pas non plus dans la nostalgie, préférant s’inspirer de la scène contemporaine américaine, où Mark Steinmetz et Judith Joy Ross, portraitistes hors-pairs, figurent notoirement parmi ses influences. Quand il ne photographie pas ses amis ou ses proches ou quand il ne sort pas de chez lui, Thomas Boivin s’empare de natures mortes, en écho à une tradition picturale, qui reflètent aussi son goût prononcé pour la simplicité et la beauté. C’est là que son style prend toute son importante : sa manière de faire du flou, de texturer ses images noir et blanc comme Michael Ackerman ou David Siodos savent si bien le faire, ou encore de saisir les personnes et les scènes qui se présentent à lui avec l’acuité qui est la sienne.

Avec ce livre à la reliure suisse, qui laisse apparaître les coutures entre deux images – voire au milieu d’une image, en toute subtilité, sur un corps ou un visage –, les éditions Lamaindonne accompagnent autant qu’ils ajoutent quelque chose d’autre à la galerie et aux tirages qui recouvrent ses murs. « Fièvre » fait du secret quelque d’encore plus mystérieux encore, encore plus sujet à interprétation, rendant la part belle à la subjectivité et aux identités multiples. Photographie de soi, à travers les autres. C’est certain, le photographe construit son œuvre sur le « terrain fertile de l’intime », pour reprendre ses mots. Plus que de faire de l’intime quelque chose de “simplement” politique, il opère une sublimation qui rend toute chose curieuse… fiévreuse, en somme.

Laisser un commentaire

Panier
Retour en haut