Dora Tishmann photographe : Eros, Hippolyte et Marcellus
Interview

Dora Tishmann, photographe

Article publié le 20 mars 2024

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis née en ex-Yougoslavie (Serbie). Poussée par mes origines et l’intuition, je suis partie en Roumanie pour suivre l’université des Beaux-arts de Bucarest. A l’époque j’étudiais la fresque et d’autres techniques de peinture. Si ces dernières années je me suis consacrée principalement à la photographie, je me sens aussi artiste plasticienne.

Comment définissez-vous votre style en photographie ?

Je recherche une esthétique graphique et / ou picturale. Les mythes de la création, l’apparition des langues, les alphabets m’inspirent. Écrire, transformer, animer sont des choses que j’ai expérimentées dans mes différentes séries photographiques pour explorer des thèmes comme le corps, la lumière, l’invisible, le paranormal…

Comment avez-vous commencé la photo ?

A l’université quand j’étais en deuxième année, j‘ai suivi un cours de photographie argentique.

Crédits : Dora Tishmann, photographe.

Votre premier appareil photo ?

Un petit appareil argentique Zenit qu’on m’a prêté, avec lequel j’ai réalisé mes premières séries photo sur les détails urbains de Bucarest en pleine mutation.

Les rencontres qui ont marqués votre carrière ?

Le vrai déclic dans mon parcours de photographe fut l’accompagnement (8 mois de suivi de création photographique) avec Flore, Sylvie Hugues et Adrian Claret. Un apprentissage précieux et nécessaire qui m’a aidé à évoluer tant que photographe. Dernièrement, après des années de pratique numérique je me suis remise à la photographie argentique encouragée par Flore qui m’a magnifiquement accompagnée dans cette voie.

Les photographes qui vous inspirent ?

Je vais en citer que quelques-uns. Man Ray pour ses rayogrammes, Étienne Léopold Trouvelot pour ses expériences sur les étincelles électriques. Wilson Alwyn Bentley pour son travail sur les flocons de neige qui rend visible un monde imperceptible. Mapplethorpe pour son travail sur le corps-sculpture…

Vous êtes plutôt noir et blanc ou couleur ?

Les deux. En première place noir et blanc, je me suis exprimée beaucoup plus en noir et blanc, la couleur en deuxième place.

Plutôt argentique ou numérique ?

Les deux aussi. En première place numérique, en deuxième argentique car je débute d’une certaine façon.

Vous êtes plutôt photo retouchée ou non retouchée ?

En fonction de la série et des besoins. J’aime bien le travail de retouche, il peut être créatif aussi.

Crédits : Dora Tishmann, photographe.

Dans le sac du photographe ; Quel est votre matériel photo actuel ?

Actuellement, je n’utilise pas d’appareil photo car je travaille la technique du photogramme.

Quel serait votre matériel photo idéal ?

Ce serait une chambre noire plus spacieuse, pour réaliser de nouvelles expérimentations sans appareil photo.

Ce que vous aimez en photographie ?

La créativité, l’émotion, la beauté, l’histoire transmise.

Où trouvez-vous votre inspiration ?

Dans les mythes, dans les recherches scientifiques sur l’infiniment grand et l’infiniment petit, au Louvre (et d’autres musées) dans la peinture et sculpture, dans la nature… L’inspiration peut nous surprendre…

Crédits : Dora Tishmann, photographe.

Votre travail photographique que vous avez préféré ?

Chaque projet était un vécu et une expérience différente. Je vais parler du projet Eros, Hipollyte et Marcellus car j’ai exprimé un désir de longue date – travailler sur le corps. J’ai recherché les modèles vivants parmi les sculptures exposées dans les musées. C’est un travail de métamorphose où l’intention était d’effacer les époques et les matières, de brouiller le regard entre l’œuvre et son modèle, donnant à voir le charnel, le vivant, derrière la matière dure et froide de la pierre.

Le pire travail photographique que vous avez réalisé ?

Dans mes dossiers il y a de séries que je sens plutôt comme travaux de transition, d’apprentissage, de construction de mon identité de photographe.

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?

En ce moment, je travaille sur un projet expérimental sur la lumière en utilisant des décharges électriques. J’expose à la « foudre » des végétaux, des minéraux, des matières, des objets de tailles et de formes diverses. J’utilise la pellicule plan film 4 x 5’ comme support pour enregistrer ces manifestations sous forme de photogramme. Dans ces photogrammes, la lumière électrique agit comme le révélateur d’une dimension cachée. J’essaye d‘exprimer une matérialité de la lumière ou une géométrie du cosmos où l’infiniment petit et l’infiniment grand coexistent, où les échelles se fondent et se confondent. Ce projet que j’ai intitulé « Et la lumière fut » sera exposé lors de la 14e édition du festival Circulation(s).

Crédits : Dora Tishmann, photographe.

Des projets à venir ?

Évoluer et avancer encore dans ce travail des électro – photogrammes.

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui se lance en photographie ?

Suivre ses idées, travailler et bien s’entourer !

Quels sont vos conseils pour se faire connaître, trouver des clients, exposer ou éditer ?

Je trouve très utile de participer aux lectures de portfolio. Je réponds aussi aux concours photo qui m’intéressent.

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