Pia Elizondo-Death is a Bride

Pia Elizondo et Juanan Requena à la Galerie VU’ : à la frontière du rêve et du réel

Du 17 mai au 28 juin 2024
Galerie VU, 58 rue Saint-Lazare, 75009 Paris

La Galerie VU montre pour la première fois le travail de la photographe mexicaine Pia Elizondo, avec deux de ses séries les plus récentes Death is a Bride et Zoo. Après un deuil, Pia Elizondo entreprend une forme de voyage intérieur vertigineux, aussi bien en elle-même qu’à travers ses images. Elle réalise alors un long travail d’observation et d’introspection : elle projette ses photographies au mur pour n’en retenir que des fragments en les rephotographiant avec un appareil argentique grand format. Qu’y cherche-t-elle ? Peut-être des bribes de ce que ses photographies disent d’elle-même, peut-être des signes, en tout cas une percée vers d’autres possibles, un mystère insoluble à ramener à la surface des images où le réel semble se contorsionner. L’ensemble Death is a Bride n’est pas seulement une façon de revisiter ses archives, il pose plus de questions qu’il n’apporte de réponse. Les photographies deviennent autres, et Pia Elizondo montre comme des images que l’on pourrait croire fixes sont interminablement fluctuantes et instables, autant dans ce qu’elles représentent que dans ce qu’elles recèlent. Comme un monde intérieur entre le désir et de la mort, où finalement rien n’est irrévocable.

Pia Elizondo - Death is a Bride
Juanan Requena - Le Hasard Funambule

Pour la deuxième exposition du jeune photographe espagnol Juanan Raquena à la Galerie VU’, nous montrons un nouvel ensemble de petits tirages uniques. Ses images délicates, épurées et contemplatives s’inscrivent dans la continuité de la démarche poétique de l’auteur. Si le hasard est funambule, Juanan Requena est bien un danseur de corde : il évolue constamment sur le fil entre réel et fiction, entre photographie et poésie. Dans ce fragile équilibre, il nous entraîne sur ses pas, qu’importe le chemin. Requena est un photographe nomade, il se nourrit de la déambulation, non seulement car ses photographies sont le fruit de son errance et de ses divagations, mais aussi parce qu’il crée un univers, où il déambule dans le flux de ses images et entre ses images. Du Hasard funambule, il dit : « Lorsque je pense au hasard, je pense à tous les trains qui ne sont jamais arrivés, aux décisions qui ponctuent lentement mais crucialement nos pas, à une plume toujours à la limite de l’équilibre fragile. Aux photographies funambules qui savent saisir le vent, à la danse des rayons du soleil à travers les aiguilles de pin, à un coucher de soleil là où je ne suis jamais allé. Quand je pense au hasard, je pense aux mots que la lumière nous laisse après chaque rencontre, à chaque geste qui précède l’étonnement, à l’image que nous laissons derrière nous et qui résonne encore dans le rétroviseur. »

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