Exposition photo Henri Cartier-Bresson, L’autre couronnement
Du 5 mai au 3 septembre 2023
Fondation Henri Cartier-Bresson. 79 rue des Archives, 75003 Paris
Le 6 mai 2023 marquera le couronnement de Charles III et de son épouse Camilla Shand en tant que roi et reine consort du Royaume-Uni et des autres royaumes du Commonwealth. À cette occasion, la Fondation HCB revient sur une série emblématique de photographies réalisées par Henri Cartier-Bresson lors du couronnement du Roi George VI en 1937.
Le couronnement du Roi George VI, qui a eu lieu le 12 mai 1937 à Londres, fut l’un des événements les plus médiatisés de l’entre-deux-guerres. À l’époque, Henri Cartier-Bresson travaillait pour le tout nouveau journal communiste “Ce Soir” et était présent pour couvrir les festivités. Contrairement à la plupart des autres reporters qui cherchaient à capturer le moment du couronnement, le passage du carrosse ou l’apparition de la famille royale au balcon, Cartier-Bresson était davantage intéressé par le peuple qui observait le cortège.
Au lieu de se concentrer sur le nouveau monarque, il préférait photographier la foule de badauds massés le long du parcours du cortège. Il captura ainsi d’étonnants portraits de ces spectateurs au cou tendu, cherchant à avoir un point de vue en hauteur ou se hissant sur les épaules d’autres personnes. Le photographe était fasciné par les différents dispositifs que les gens utilisaient pour améliorer leur vision pendant l’événement, allant du simple miroir de poche au périscope en carton, en passant par le rétroviseur fixé au bout d’une tige.
La série d’images fut d’abord publiée dans “Ce Soir”, puis repris dans “Regards”, le mensuel du Parti communiste français, sous le titre “Ceux qui regardaient…”. Ces photographies jouaient avec les points de vue et créaient plusieurs inversions : celle du photographe tournant le dos au Roi pour photographier le peuple, et celle des spectateurs se retournant pour mieux observer le souverain. Dans cette inversion du regard, Cartier-Bresson imaginait une forme de renversement du pouvoir.
Henri Cartier-Bresson, né en 1908 à Chanteloup, Seine et Marne, entame d’abord des études en peinture à l’atelier d’André Lhote à Paris avant de se tourner vers la photographie. En 1931, après un an de voyage en Afrique, il acquiert son premier Leica.
Dès 1933, son travail est publié et exposé, d’abord à l’étranger puis en France. Il parcourt l’Europe, le Mexique et les États-Unis. Passionné par le cinéma, il rejoint le groupe Nykino et assiste Jean Renoir en 1936 et 1939. À cette époque, il réalise également trois documentaires sur la guerre d’Espagne.
Le 23 juin 1940, il est fait prisonnier mais réussit à s’évader en 1943 après deux tentatives infructueuses. Le Museum of Modern Art (MoMA) de New York lui consacre une exposition en 1947, et la même année, il cofonde l’agence Magnum Photos avec Robert Capa, David Seymour, George Rodger et William Vandivert. Par la suite, il passe trois années en Orient.
De retour en Europe, il publie en 1952 son premier livre, “Images à la Sauvette”. Par la suite, il effectue de nombreux voyages et au début des années 1970, il se tourne vers le dessin. Surnommé “l’œil du siècle”, il a été témoin des grands événements du XXe siècle, notamment les funérailles de Gandhi en Inde, les derniers jours du Kuomintang en Chine et les premières photographies de l’URSS après la mort de Staline. À sa disparition en 2004, il laisse derrière lui un héritage photographique unique, et la Fondation Henri Cartier-Bresson, créée en 2003 en collaboration avec son épouse Martine Franck et leur fille Mélanie, continue de revisiter son œuvre et de la faire découvrir au public.






