Harry Gruyaert – La part des choses
Du 15 juin au 24 septembre 2023
Le Bal. 6, Impasse de la Défense, 75018 Paris
Du 15 juin au 24 septembre 2023, le BAL mettra en avant l’œuvre du photographe belge Harry Gruyaert, un véritable précurseur de la photographie couleur en Europe et héritier des grands coloristes américains des années 1970.
Fasciné par la lumière et les couleurs, Harry Gruyaert a développé depuis plus de 40 ans une approche artistique et sensible, délaissant les aspects documentaires chers aux grandes figures de Magnum Photos, dont il a fait partie dès 1982.
L’exposition au BAL dévoilera pour la première fois une sélection étendue de tirages d’époque Cibachrome, offrant un parcours inédit à travers l’œuvre de cette figure emblématique de la photographie contemporaine.
Né à Anvers en 1941, Harry Gruyaert est un des pionniers de la photographie couleur, s’inscrivant aux côtés de célèbres Américains tels que Joel Meyerowitz, William Eggleston ou Stephen Shore. Son séjour à New York au début des années 1970 l’a influencé en découvrant le Pop Art et en adoptant une nouvelle manière de voir la banalité, d’accepter une certaine laideur du monde pour en faire quelque chose de captivant. Ses liens d’amitié avec la nouvelle scène artistique new-yorkaise, incluant des artistes comme Gordon Matta-Clark et Richard Nonas, ont renforcé cette approche de saisir le monde non pas tel qu’il est, mais tel qu’il peut être modelé par son regard. Ainsi, il cherche à transcrire sa perception des choses plutôt que de simplement les documenter en tant que témoin.
Harry Gruyaert parle de sa lutte physique et passionnée avec les choses et les êtres : « Je me jette dans les choses pour ressentir ce mystère, cette alchimie : les choses m’attirent et j’attire les choses. » Il considère que pour que tout prenne forme dans cette bande passante de la vie où tout est éphémère, il faut être simultanément plus présent et moins présent, oublier sa propre personne pour saisir les aspects matériels, les textures, tout ce qui compose le moment présent. Il se soumet à un ordonnancement instinctif des formes, des couleurs, des symboles, des lumières et des motifs.
Le critique Alain Bergala distingue deux types de photographes : ceux qui croient en la réalité et font de la photographie un art de la présence, et ceux qui perçoivent le réel comme impossible et ne font que capturer l’absence. Dans ce contexte, Harry Gruyaert serait une anomalie, un photographe dont la présence viscérale au monde vise principalement à saisir son caractère fuyant, insaisissable. Ses images mettent en avant des trajectoires isolées, des espaces séparés, des corps en périphérie, contribuant ainsi à transmettre l’absurdité du monde et le collage surréaliste de la vie avec ses fragments détachés.
En définitive, la photographie peut être une communion avec un état de solitude et exprimer un mensonge plus vrai que la vérité.






