Géraldine Lay "Juste à côté"
Géraldine Lay pose son regard oblique sur le monde : “Juste à côté” à la galerie Sit Down
La galerie Sit Down, au cœur du Marais, accueille du 13 mai au 25 juillet 2026 la première exposition personnelle de Géraldine Lay en ses murs. Intitulée Juste à côté, cette exposition constitue une traversée sensible de l’ensemble de l’œuvre de la photographe, réunissant une sélection de ses séries les plus emblématiques, de Un mince vernis de réalité réalisée en 2001 dans les Calanques, à Far East capturée au Japon en 2018, en passant par North End à Londres en 2015 et la série Chêne-Pointu réalisée à Clichy-sous-Bois en 2021. Le vernissage en présence de l’artiste s’est tenu le mardi 13 mai 2026 de 18h à 21h.
Un regard à côté du flux
Juste à côté n’est pas qu’un titre : c’est une position, une posture photographique. Ce que Géraldine Lay désigne par cette formule, c’est précisément cette manière de regarder en marge du flux habituel des choses, de s’écarter légèrement de l’évidence pour explorer des chemins discrets et sensibles qui échappent au regard pressé. Attirée par les marges, par ce qui se situe hors du tracé principal, elle recueille ces instants périphériques que nous omettons souvent de saisir, ces fragments de quotidien auxquels nous n’accordons plus d’attention parce qu’ils sont devenus trop familiers pour être vus.
Son œuvre repose sur une attention minutieuse à la banalité : un angle de rue, un geste furtif, la présence silencieuse d’un paysage urbain. Sous son objectif, ces fragments apparemment ordinaires acquièrent une densité nouvelle, révélant une beauté discrète nichée dans le monde tel qu’il se présente à nous. La photographe transforme le quotidien en territoire sensible, où le banal devient matière à récit et où le réel s’imprègne d’une aura presque narrative. Juste à côté devient ainsi une manière d’habiter les interstices : ses images suggèrent l’existence d’une infinité de scènes secrètes, prêtes à émerger dès lors que l’on accepte de regarder obliquement, depuis un léger déplacement du point de vue.
Ce qui frappe dans cette exposition, c’est la cohérence d’une grammaire visuelle fondée sur l’observation patiente. Les images de Géraldine Lay ne recherchent pas l’extraordinaire : elles fouillent les zones de transition, ces espaces où les couleurs, les corps et les lieux cohabitent dans une fragile harmonie. La lumière, souvent douce et oblique, agit comme un révélateur de micro-événements. Elle expose la poésie des détails, la présence inattendue d’une émotion dans un décor anodin. Attentive aux ombres et aux reflets, la photographe capte des instants fugaces et des gestes ordinaires qui, par le détour du regard, semblent appartenir à un monde parallèle, entre rêve et réalité.
L’exposition propose ainsi une traversée où le regard se ralentit et accepte de s’écarter du chemin principal. Chaque photographie devient un lieu de rencontre avec ce qui, d’ordinaire, se dérobe. En ce sens, l’œuvre de Géraldine Lay ne relève pas seulement du documentaire : elle est un art de la présence, une pratique du décalage, une manière de circuler autrement dans le réel. Juste à côté invite à redécouvrir la beauté silencieuse cachée dans le tissu même du monde, et à réévaluer le quotidien comme un espace de poésie, d’inflexions et de possibles.
Portrait d’une photographe engagée dans le sensible
Née en 1972 à Mâcon, Géraldine Lay vit et travaille à Arles. Diplômée de l’École nationale supérieure de la photographie en 1997, elle a développé depuis près de trois décennies une pratique photographique rigoureusement ancrée dans l’observation des situations ordinaires et des récits discrets que recèle la vie quotidienne. Son parcours est celui d’une artiste attentive, fidèle à une démarche de promeneuse qui fait de la curiosité patiente un véritable outil photographique.
Son travail est exposé régulièrement en France et à l’international. Ses grandes séries ont été présentées dans de nombreuses institutions prestigieuses, parmi lesquelles les Rencontres d’Arles, Le Château d’Eau à Toulouse, les Archives nationales et la Bibliothèque nationale de France, ainsi que dans plusieurs festivals en Europe et en Asie. Pendant vingt ans, elle a été représentée par la Galerie Le Réverbère à Lyon, avant de rejoindre la galerie Sit Down.
En parallèle de sa pratique artistique, Géraldine Lay occupe depuis 2019 une fonction d’éditrice pour la photographie et l’art contemporain aux Éditions Actes Sud. Cette activité éditoriale, loin d’être secondaire, s’articule avec sa démarche de photographe et nourrit un regard précis sur la construction des images et des ouvrages. Elle mène par ailleurs régulièrement des résidences et des commandes sur des territoires variés, de Nantes à Glasgow en passant par Clichy-sous-Bois, et a bénéficié de plusieurs soutiens institutionnels, dont la bourse Hors les murs de l’Institut français et une bourse de la Ville de Lyon pour un projet au Japon.
Son œuvre a donné lieu à plusieurs publications monographiques : Far East (Poursuite, 2023), North End (Actes Sud, 2018), Impromptus (Poursuite, 2017), Failles ordinaires (Actes Sud, 2012) ou encore Où commence la scène (Diaphane, 2010). En 2025, elle publie La lune sourit le jour aux Éditions Sur la crête et contribue à l’ouvrage collectif Les femmes photographes sont dangereuses publié chez Flammarion. Ses photographies figurent dans de nombreuses collections publiques, dont la Maison Européenne de la Photographie à Paris, le FRAC Midi-Pyrénées et Le Château d’Eau à Toulouse.
La galerie Sit Down : vingt ans d’engagement pour la photographie contemporaine
Fondée en 2005 par Françoise Bornstein et installée au cœur du Marais à Paris, la galerie Sit Down s’est imposée depuis vingt ans comme un acteur incontournable de la scène photographique contemporaine française et internationale. La galerie défend une photographie à l’écriture singulière, souvent ancrée dans une approche documentaire du réel, tout en demeurant ouverte aux pratiques qui interrogent les frontières du médium photographique.
Ce qui distingue la galerie Sit Down dans le paysage galériste parisien, c’est son engagement constant et sur le long terme auprès des artistes qu’elle représente, qu’ils soient émergents, en milieu de carrière ou établis sur la scène internationale. La galerie participe activement à la reconnaissance de leurs travaux à travers des expositions, des éditions et leur présence sur les grandes scènes artistiques mondiales. Depuis 2013, son programme se concentre sur des projets à la dimension narrative forte, où l’image dialogue avec des enjeux sociaux, historiques ou environnementaux.
En plus de son programme d’expositions en galerie, Françoise Bornstein développe des projets hors les murs en collaboration avec des commissaires invités, notamment lors de festivals comme les Rencontres d’Arles. La galerie participe régulièrement à des foires internationales majeures telles que Paris Photo, Art Paris et The Photography Show présenté par AIPAD à New York. Elle est membre du Comité Professionnel des Galeries d’Art (CPGA). La galerie représente une vingtaine d’artistes photographes de nationalités et de générations diverses, parmi lesquels Jean Gaumy, Simon Roberts, Tim Franco ou encore Tom Wood.
Informations pratiques :
- Artiste : Géraldine Lay
- Exposition : Juste à côté
- Lieu : Galerie Sit Down, 4 rue Sainte-Anastase, 75003 Paris
- Dates : du 13 mai au 25 juillet 2026
Couverture : Série Le chêne-pointu, Clichy-Sous-Bois, Mains et sucette, 2021 © Géraldine Lay. Courtesy of galerie SIT DOWN








