Willy Ronis par Willy Ronis
Du 17 juin au 17 septembre 2023
Villa Tamaris Centre d’Art TPM. 295, avenue de la Grande Maison. 83500 La Seyne-sur-Mer

Willy Ronis (1910-2009), une figure clé de l’histoire de la photographie française, est reconnu comme l’un des grands représentants de la photographie “humaniste”, qui s’attache à saisir de manière fraternelle l’essentiel de la vie quotidienne des gens.
À partir de 1985, Willy Ronis se plonge dans ses archives photographiques pour sélectionner ce qu’il considère comme le cœur de son travail. Il crée ainsi une série de six albums, constituant ainsi son “testament photographique”. Ces albums inédits servent de matrice à cette exposition.
Dès ses débuts en tant que photographe-reporter en 1936, Willy Ronis allie ses commandes professionnelles à ses recherches personnelles. Observateur du monde qui l’entoure, ses photographies offrent un portrait à la fois intime et profond de la société et de son époque. Elles nous offrent un vaste panorama qui permet de voir, de comprendre et d’apprécier les gens dans leur vie quotidienne. Plaçant l’homme au cœur de son œuvre, son regard est optimiste et bienveillant. Néanmoins, il n’omet pas de témoigner de la dureté de l’époque, illustrant ainsi le monde du travail et les luttes ouvrières, tout en exprimant son empathie et son engagement social qui imprègne toute son œuvre.
Enfance et Débuts en photographie
Willy Ronis, né en 1910 à Paris, est le fils de Marcus Ronis, un émigré juif d’Odessa en Ukraine, et de Tauba Gluckman, une pianiste juive lituanienne. Leur rencontre eut lieu dans une amicale d’exilés russes à Paris, où ils s’installèrent dans le 9e arrondissement. Une erreur administrative renomma la famille Ronis en “Roness”, mais ce n’est qu’en 1945 qu’ils retrouvèrent leur vrai nom.
À l’âge de 15 ans, son père lui offrit un appareil photographique, bien que Willy Ronis ambitionnait alors de devenir compositeur de musique. Malgré cela, il commença à s’intéresser à la photographie en parcourant les rues de Paris.
Après ses études au Lycée Rollin, il s’inscrivit à la faculté de droit de la Sorbonne dans le but de devenir compositeur de musique. Cependant, en découvrant la Société française de photographie et les travaux de photographes tels que Brassaï et Henri Cartier-Bresson, sa passion pour la photographie grandit.
En 1935, il perdit son père et le studio familial, et la famille déménagea dans le 11e arrondissement. À partir de ce moment, Willy Ronis se consacra pleinement au reportage photographique. Il couvrit notamment les manifestations ouvrières du Front populaire en 1936 et commença à développer son style original, mettant en valeur l’harmonie des foules et la joie des fêtes populaires.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il refusa de porter l’étoile jaune et passa la ligne de démarcation en 1941 pour vivre dans le sud de la France. Durant cette période, il mit la photographie de côté et exerça divers métiers.
Carrière et Reconnaissance
Après la guerre, en 1946, il rejoignit l’Agence Rapho aux côtés de photographes renommés comme Brassaï et Doisneau. Il collabora avec plusieurs magazines et réalisa des reportages en Europe. Dans les années 1950, il milita pour que la photographie soit reconnue comme une discipline artistique et enseigna également auprès de différentes institutions.
Au cours de sa carrière, il publia plusieurs livres importants, dont “Belleville-Ménilmontant,” “Sur le fil du hasard” et “Mon Paris.” Il fut considéré, aux côtés de Doisneau et Boubat, comme l’un des photographes majeurs de l’école française de l’après-guerre, alliant les valeurs humanistes au réalisme poétique.
En 1980, sa première monographie “Sur le fil du hasard” remporta le prix Nadar, lui apportant une nouvelle visibilité. Toutefois, les années 1970 et 1980 furent difficiles financièrement pour lui. Malgré cela, il fit don de son travail à la France en échange du loyer de son logement.
Dernières Années et Héritage
En 2001, il décida de mettre fin à sa carrière de photographe professionnel, et en 2002, il cessa de prendre des photographies en raison de problèmes d’arthrite. Son dernier cliché, un nu, fut publié en 2008.
Willy Ronis s’éteignit presque centenaire dans la nuit du 11 au 12 septembre 2009 à Paris. Malgré sa disparition, son héritage photographique perdure, et en 2010, une exposition commémorant son 100e anniversaire fut organisée par le musée de la monnaie de Paris. Willy Ronis est resté un photographe reconnu pour son style unique et sa sensibilité envers ses sujets, capturant avec tendresse la vie quotidienne et les instants de joie de la société française.





