Exposition photo Raymond Depardon "Les Années déclic"
À l’occasion de la sortie du livre Les Années déclic, de Raymond Depardon et Gérard Lefort, aux Éditions du Seuil, la Galerie Cinema Anne-Dominique Toussaint propose une nouvelle exposition des photographies de Raymond Depardon. On pourra y voir, jusqu’au 12 juin, une trentaine de tirages argentiques. Raymond Depardon occupe une place singulière dans le champ de l’image contemporaine. Cinéaste autant que photographe, il met l’image fixe et l’image animée au service d’une écriture unique. Né en 1942, il crée l’agence Gamma en 1966, puis intègre Magnum Photos. Il sillonne le monde, devient réalisateur en 1974 et connaît depuis une carrière internationale en alternant photographie et cinéma.
En 1960, Raymond Depardon est un très jeune reporter photographe ; il s’est acheté un scooter pour traverser Paris avec son Rolleiflex autour du cou et sera le témoin de l’effervescence des années 1960-80 en France. Cette fresque d’une génération pétillante est marquée en toile de fond par l’actualité en France. Raymond Depardon a réalisé 21 longs métrages tous remarqués dans les plus grands festivals et est présent dans de nombreuses collections photographiques des plus prestigieux musées. Neuf ans après avoir présenté sa série de photographies sur l’asile psychiatrique de l’île de San Clemente, Raymond Depardon revient à la Galerie Cinema avec une exposition inédite. De Brigitte Bardot sur le tournage de Vie privée, à Jean-Luc Godard et Jean Seberg lors de l’avant-première d’À bout de souffle, l’artiste transpose son regard photographique sur les années déclic du Cinéma. Une trentaine de tirages argentiques présentant de nombreuses personnalités iconiques sont visibles sur les murs de la Galerie jusqu’au 12 juin.
Texte de Gérard Lefort, photographies de Raymond Depardon.
« Ceci est le portrait d’un instrument de travail. Un scooter de la marque Rumi. À ne pas confondre avec une Vespa, qui, à la suite de son succès, finit par devenir un nom générique, comme Mobylette pour vélomoteur. L’engin est typique des deux-roues d’après-guerre : rustique, robuste, mais avec une touche de modernité qui tient pour l’essentiel au profilage de son phare. Le Rumi était fabriqué en Italie, une des patries du design industriel où il fut rebaptisé “Formicchino”, en français “petite fourmi”. L’envie nous taraude de sauter sur sa selle comme sur le dos d’une bestiole à remonter le temps pour s’en aller “rumiser” le soir dans les rues de Rome au temps de la Dolce Vita.
Ce portrait du Rumi est aussi celui de son propriétaire, fatalement invisible puisque c’est lui qui prend la photo. On devine cependant son labeur à voir le barda posé sur le trottoir à côté : une sacoche et un appareil photo. Vavavoom ! Profession : reporter. Et sans casque, cela va de soi. » Gérard Lefort








