FRANÇOISE HUGUIER : “Au doigt et à l’oeil”
Du 9 février au 31 mars 2024
Le Pavillon, 28 Avenue Paul-Vaillant Couturier- Romainville 93230
Entre exposition photographique exceptionnelle, projection d’un documentaire engagée et moments de rencontres uniques, prenez le temps de découvrir ou redécouvrir la talentueuse Françoise Huguier, officière des Arts et des Lettres, et membre de l’Académie des Beaux-Arts depuis 2023.
« Au doigt et à l’œil » offre un regard fascinant sur le travail unique de Françoise Huguier, une artiste renommée qui a capturé des moments et des histoires à travers son objectif exceptionnel. L’exposition se tiendra en plein air sur la place de la Laïcité du 9 février au 31 mars et présentera une sélection soigneusement choisie de ses œuvres les plus emblématiques, mettant en lumière sa capacité à saisir l’essence même de ses sujets. Romainvilloise depuis de nombreuses années, Françoise Huguier est une photographe de renommée internationale dont le travail a captivé des publics du monde entier. Son œuvre explore la diversité culturelle, l’identité et l’histoire, tout en mettant en valeur les nuances subtiles de la vie quotidienne. Lauréate de nombreux prix prestigieux, Françoise Huguier reçoit en 2012 les insignes d’Officier des Arts et des Lettres. Régulièrement exposée en France et dans le monde, son œuvre a notamment fait l’objet d’une rétrospective à la Maison européenne de la Photographie en 2014. En 2018, Reporters sans frontières lui consacre un album de la collection « 100 photos pour la liberté de la presse ». En janvier 2023, l’Académie des Beaux-Arts a élu Françoise Huguier au fauteuil V de la section de photographie.


«Depuis plus de quarante ans, l’artiste œuvre à un retrait discret qui n’est pas une retraite. Dans le vocabulaire
de l’architecture classique, un retrait désigne une petite pièce d’habitation dépendant de la chambre à coucher
et où l’on peut s’isoler. Françoise Huguier est la locataire solitaire de cette chambre noire où elle fomente ses images lumineuses. Difficile à saisir, pas commode à cerner. Il suffit de l’avoir observée au travail. Ce qu’on découvre alors, c’est qu’on ne la voit pratiquement jamais en train de photographier. Une femme invisible, une grande reporter qui se fait toute petite aussi bien quand elle se planque, plus qu’elle ne se plante, dans les coulisses d’un défilé de mode, dans les bagages accompagnés d’un entretien avec Akira Kurosawa, dans les limbes de l’Afrique fantôme, dans les soutes de la Sibérie, dans les placards des derniers appartements communautaires de Saint-Pétersbourg ou dans les arrière-boutiques de la société coréenne. Qu’est-ce qu’elle veut dire en montrant, développant, exposant, éditant ? Qu’une image vaut mieux qu’un long discours ? Qu’un instantané a valeur de pérennité ? C’est sûrement beaucoup plus compliqué. En Corée, en Île-de-France ou à Deauville, c’est toujours très difficile de photographier l’intimité. Elle ne se précipite pas sur son appareil photo, elle écoute et fait parler les gens de leur vie. Pendant ce temps-là, ses yeux, comme un scanner, repèrent les futures prises de vue et mesurent la lumière.
Au fil du temps, Françoise Huguier a entrepris de raconter sa vie en se penchant sur celle des autres. Ce qu’elle a déjà fait de façon explicite à deux reprises : à la manière d’un autoportrait littéraire (Au doigt et à l’œil, Sabine Wespieser, 2014) ou, plus roman-photo, à la façon d’une longue confidence relatant comment, en août 1950, elle fut enlevée par un commando de combattants du Vietminh sur la plantation cambodgienne d’hévéas dont son père était l’administrateur (J’avais huit ans, Actes Sud, 2005). Mais comme un paradoxe excitant, c’est peut-être quand elle est au plus proche d’un modèle autobiographique que Françoise Huguier s’en éloigne le plus. »






