Henri Cartier-Bresson, Couronnement du roi George VI, Londres, Angleterre, 12 mai 1937 © Fondation Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

Mai 2023

10e édition des Chemins de photos dans l’Aude

Du 27 mai au 8 octobre 2023
Fanjeaux, 11270, France

Le festival Les Chemins de photos, désormais bien connu en Occitanie et en pleine ascension, célèbre sa 10e édition cette année. Chaque année, plus de 120 expositions photographiques s’élèvent dans les collines du Lauragais, offrant un festival en plein air sans restrictions, à consommer sans modération du 27 mai au 8 octobre 2023.

Cet événement propose des images locales ou venues d’ailleurs, réparties dans 20 villages de l’ouest audois. Près de 80 photographes présentent leurs variations sur le thème des “Scènes de la vie”.

Outre les expositions, plusieurs rencontres entre les photographes et le public sont prévues de juin à octobre. Toutes les informations sur les points forts de cette saison et les événements sont disponibles sur le site web www.cheminsdephotos.com.

L’été culturel 2023 s’annonce chaud en Lauragais comme ailleurs, mais les expositions photographiques apportent une touche de fraîcheur en égayant la période de juin à septembre.

Durant ces dix années d’existence, près de 500 expositions photographiques ont été présentées, loin des lieux d’exposition habituels, offrant une expérience unique aux habitants et aux touristes. Grâce à des itinéraires bien conçus, les villages nichés au creux des Collines Cathares et les photographes participants sont mis en valeur. Ces derniers se distinguent par la diversité de leurs genres photographiques, allant du classique à l’audacieux, ainsi que par leur origine géographique variée, allant d’ici et d’ailleurs. Le festival accueille des artistes utilisant différentes techniques, des plus anciennes de l’argentique aux plus modernes du numérique.

Les Chemins de photos se sont fixé pour objectif de démocratiser la photographie en milieu rural et de la sortir des cadres traditionnels. Cette approche suscite de l’intérêt, des questionnements, des commentaires favorables ou critiques, mais aussi de l’enthousiasme parmi les habitants des villages qui ne sont pas nécessairement habitués à une telle exposition d’images malgré leur immersion quotidienne dans un flot d’images.

Guy Catalo, directeur des Chemins de photos, explique que le festival n’a pas de parti pris photographique particulier, si ce n’est celui de “sortir la photo du cadre”, comme le suggérait Lucien Clergue. La sélection des expositions est réalisée par un jury indépendant, composé d’experts reconnus aux compétences variées en matière d’image. Cette sélection reflète l’esprit du festival : loin des lieux conventionnels d’exposition, il vise à offrir un choix éclectique d’expositions soigneusement sélectionnées à la fois par des artistes et des acteurs du développement rural. Cette diversité d’idées et de mondes différents ouvre ainsi la voie à la découverte de l’autre et des autres, dans un environnement où la vie est marquée par les défis de la culture d’une terre dure et incertaine à la récolte.

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Photo London

Du 10 mai au 14 mai 2023
Somerset House – Strand, London WC2R 1LA, Royaume-Uni

La foire photo célèbre cette année le meilleur de la photographie britannique au travers de l’exposition collective “Writing her own Script. Women Photographers from the Hyman Collection” présentant le travail de nombreuses femmes photographes en Grande-Bretagne au cours des 100 dernières années. Il trace un parcours des années 1930 à nos jours en se concentrant sur deux volets : la tradition documentaire humaniste et la pratique plus personnelle, performative. Parallèlement, une exposition présente de toutes nouvelles œuvres du photographe Martin Parr désigné Master of Photography cette année.

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Photo London - Eliza Hatch Florence
Photo London - Eliza Hatch Florence

Vasantha Yogananthan
Mystery street

Du 5 mai au 3 septembre 2023
Fondation Henri Cartier-Bresson. 79 rue des Archives, 75003 Paris

La Fondation HCB présente le tout nouveau projet du photographe Vasantha Yogananthan, qui est le cinquième lauréat d’Immersion, une prestigieuse commande photographique franco-américaine soutenue par la Fondation d’entreprise Hermès. Intitulée “Mystery Street”, cette série a été réalisée à La Nouvelle-Orléans et témoigne de l’imagination débordante des enfants dans l’atmosphère chaude et humide de la ville pendant l’été. Vasantha Yogananthan offre une approche singulière, oscillant entre photographie documentaire et fiction, créant ainsi un espace où la réalité se prête à une multitude de récits possibles.

L’âge de l’enfance à l’adolescence, entre 8 et 12 ans environ, est une période de changements rapides, marquée par l’impermanence. Vasantha Yogananthan s’était déjà intéressé à cette phase éphémère de la vie dans l’une de ses premières séries, réalisée sur une plage en Camargue. Dans le cadre du dispositif Immersion de la Fondation d’entreprise Hermès, le photographe a décidé d’explorer ce thème à La Nouvelle-Orléans. La ville porte encore les traces vives de l’ouragan Katrina en 2005, et sa position en dessous du niveau de la mer, associée au réchauffement climatique, en fait un lieu où la précarité est particulièrement exacerbée. Ainsi, dans “Mystery Street”, l’enfant devient une métaphore vivante du corps même de la ville.

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Série Mystery Street, 2022 © Vasantha Yogananthan
Série Mystery Street, 2022 © Vasantha Yogananthan

Vasantha Yogananthan travaille avec une approche artistique imprégnée du réel, guidée par son intuition. Au début de ce projet, il n’avait aucune idée préconçue. Pour lui, la pratique photographique est une forme d’apprentissage du monde. Ses images ne sont pas de simples illustrations de ce qu’il sait déjà, mais des opportunités d’acquérir de nouvelles connaissances. Son objectif était donc de découvrir son sujet tout en le photographiant, sans chercher à vérifier une conception philosophique, politique ou poétique. Cette découverte n’est généralement pas le fruit d’une décision planifiée, mais plutôt le résultat d’expérimentations, de jeux, de hasard, d’instabilité ou de changements. C’est pourquoi l’impermanence présente à La Nouvelle-Orléans, ainsi que dans l’âge des enfants, a été particulièrement propice à la multiplication de petits moments d’épiphanie que le photographe a su magnifiquement capturer.

Vasantha Yogananthan a développé un style photographique unique depuis 2009, en privilégiant une approche délicate envers ses sujets et les lieux qu’il explore. Profondément attaché à la photographie argentique pour ses qualités esthétiques et la lenteur philosophique du processus, il considère le livre comme un élément central de sa pratique. Cette passion l’a même amené à co-fonder la maison d’édition Chose Commune en 2014. Au cours de sa carrière, Vasantha Yogananthan a réalisé plusieurs projets en immersion et sur une longue durée, en commençant par une série sur la plage de Piémanson en France (2009-2013), puis en Inde et au Sri Lanka autour du mythe du Rāmāyana (2013-2021). En 2022, il a réalisé un nouveau projet aux États-Unis, à La Nouvelle-Orléans, dans le cadre du programme Immersion de la Fondation d’entreprise Hermès.

En reconnaissance de son talent, Vasantha Yogananthan a été distingué à plusieurs reprises, remportant le prix SCAM Roger Pic en 2015, le prix Levallois en 2016 et un ICP Infinity Award dans la catégorie “photographe émergent” en 2017. En 2019 et 2021, deux de ses ouvrages ont été respectivement récompensés par le prix du Livre Photo-Texte aux Rencontres d’Arles et une mention spéciale du jury au prix du livre Paris Photo – Aperture Foundation. Ses œuvres sont présentes dans des collections publiques prestigieuses, dont le Victoria and Albert Museum à Londres, le Centre National des Arts Plastiques à Paris, le Musée de l’Elysée à Lausanne et le FOAM Museum à Amsterdam.

Le programme Immersion de la Fondation d’entreprise Hermès a pour mission de soutenir la photographie contemporaine en France et aux États-Unis en encourageant la création, l’exposition et la publication de nouvelles œuvres. Chaque année, ce programme de résidence d’artiste, réalisé en collaboration avec la Fondation Henri Cartier-Bresson et l’International Center of Photography à New-York (ICP), aboutit à une exposition personnelle dans ces deux institutions prestigieuses. Les expositions sont accompagnées d’une publication bilingue. Suite à sa présentation à la Fondation HCB, l’exposition “Mystery Street” de Vasantha Yogananthan sera également présentée à l’ICP en 2023.

Lancé en 2014, le programme Immersion, une commande photographique franco-américaine, propose chaque année des résidences croisées, des expositions et des publications, alternativement ouvertes à un photographe basé aux États-Unis et à un photographe basé en France, offrant ainsi des opportunités uniques de création d’œuvres inédites dans chaque pays.

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Henri Cartier-Bresson
L’autre couronnement

Du 5 mai au 3 septembre 2023
Fondation Henri Cartier-Bresson. 79 rue des Archives, 75003 Paris

Le 6 mai 2023 marquera le couronnement de Charles III et de son épouse Camilla Shand en tant que roi et reine consort du Royaume-Uni et des autres royaumes du Commonwealth. À cette occasion, la Fondation HCB revient sur une série emblématique de photographies réalisées par Henri Cartier-Bresson lors du couronnement du Roi George VI en 1937.

Le couronnement du Roi George VI, qui a eu lieu le 12 mai 1937 à Londres, fut l’un des événements les plus médiatisés de l’entre-deux-guerres. À l’époque, Henri Cartier-Bresson travaillait pour le tout nouveau journal communiste “Ce Soir” et était présent pour couvrir les festivités. Contrairement à la plupart des autres reporters qui cherchaient à capturer le moment du couronnement, le passage du carrosse ou l’apparition de la famille royale au balcon, Cartier-Bresson était davantage intéressé par le peuple qui observait le cortège.

Au lieu de se concentrer sur le nouveau monarque, il préférait photographier la foule de badauds massés le long du parcours du cortège. Il captura ainsi d’étonnants portraits de ces spectateurs au cou tendu, cherchant à avoir un point de vue en hauteur ou se hissant sur les épaules d’autres personnes. Le photographe était fasciné par les différents dispositifs que les gens utilisaient pour améliorer leur vision pendant l’événement, allant du simple miroir de poche au périscope en carton, en passant par le rétroviseur fixé au bout d’une tige.

Henri Cartier-Bresson, Couronnement du roi George VI, Londres, Angleterre, 12 mai 1937 © Fondation Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos
Henri Cartier-Bresson, Couronnement du roi George VI, Londres, Angleterre, 12 mai 1937 © Fondation Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

La série d’images fut d’abord publiée dans “Ce Soir”, puis repris dans “Regards”, le mensuel du Parti communiste français, sous le titre “Ceux qui regardaient…”. Ces photographies jouaient avec les points de vue et créaient plusieurs inversions : celle du photographe tournant le dos au Roi pour photographier le peuple, et celle des spectateurs se retournant pour mieux observer le souverain. Dans cette inversion du regard, Cartier-Bresson imaginait une forme de renversement du pouvoir.

Henri Cartier-Bresson, né en 1908 à Chanteloup, Seine et Marne, entame d’abord des études en peinture à l’atelier d’André Lhote à Paris avant de se tourner vers la photographie. En 1931, après un an de voyage en Afrique, il acquiert son premier Leica.

Dès 1933, son travail est publié et exposé, d’abord à l’étranger puis en France. Il parcourt l’Europe, le Mexique et les États-Unis. Passionné par le cinéma, il rejoint le groupe Nykino et assiste Jean Renoir en 1936 et 1939. À cette époque, il réalise également trois documentaires sur la guerre d’Espagne.

Le 23 juin 1940, il est fait prisonnier mais réussit à s’évader en 1943 après deux tentatives infructueuses. Le Museum of Modern Art (MoMA) de New York lui consacre une exposition en 1947, et la même année, il cofonde l’agence Magnum Photos avec Robert Capa, David Seymour, George Rodger et William Vandivert. Par la suite, il passe trois années en Orient.

De retour en Europe, il publie en 1952 son premier livre, “Images à la Sauvette”. Par la suite, il effectue de nombreux voyages et au début des années 1970, il se tourne vers le dessin. Surnommé “l’œil du siècle”, il a été témoin des grands événements du XXe siècle, notamment les funérailles de Gandhi en Inde, les derniers jours du Kuomintang en Chine et les premières photographies de l’URSS après la mort de Staline. À sa disparition en 2004, il laisse derrière lui un héritage photographique unique, et la Fondation Henri Cartier-Bresson, créée en 2003 en collaboration avec son épouse Martine Franck et leur fille Mélanie, continue de revisiter son œuvre et de la faire découvrir au public.

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